( 4 février, 2014 )

CE QUE JE PENSE DU CLIMAT ACTUEL D’IKONI

Peut-on parler d’une face cachée du vent qui souffle à Ikoni ? Un point de vue qui va plaire et déplaire sans doute. A chacun sa liberté, d’apprécier ou d’abhorrer. Il y a un an depuis que la rixe désarticulant la ville d’Ikoni s’est inscrite durablement dans la mémoire de l’histoire de notre pays. Un an c’est trop, un an c’est peu. Ca dépend du battement du cœur. Beaucoup de voix se sont levées comme beaucoup ont préféré garder le silence. C’est comme ça dans une société qui se dit civilisée, tout est permis ou presque. Peu, sont ceux qui ont pu résister au drame des nuits noires, plus précisément du 23/24 décembre 2012 et du 26 janvier 2013. Depuis ces dates, des alliances circonstancielles, des ruptures opportunes, des visages cachés mis à découvert, des masques déchirés naissent et meurent. Un désastre qui servait de leçon très importante chez les ikoniens d’aujourd’hui, surtout les bâtisseurs de la cité de demain. Un malheur qui a averti une population, un malheur à partir duquel résultera du bonheur. Même si pas mal de gens se servaient et se servent toujours de ce conflit, soit dans le but de se tailler un CV de bon médiateur, soit pour mettre en avant leurs intérêts personnels au détriment de ceux de la ville. Oui, ça arrive. Le conflit d’Ikoni était comme un jeu de rugby. Ceux qui se sont battus et tombés à quatre pattes par terre, ont fait profiter de la balle à ceux qui les regardent se casser la gueule. Sans doute le conflit d’Ikoni a bien servi à la classe politique comorienne dont certains se réjouissaient de l’apocalypse et ne cesse toujours d’en abuser. Et aucun de nous n’a osé le dénoncer Passons. Une dignité vendue. Le plus inquiétant, c’est l’hypocrisie, dans la gestion de ce conflit qui est loin, je dis bien loin d’être apaisé. Je je n’affirme pas qu’il ne sera jamais apaisé.

Je persiste et signe, le conflit est loin d’être apaisé.

Lorsqu’un peuple veut résoudre ses problèmes dans l’hypocrisie, lorsqu’un peuple veut résoudre ses problèmes sans les confronter au sérieux, sans adopter un langage de vérité, lorsqu’un peuple s’auto-satisfait d’une Paix factice, un simulacre, lorsqu’un peuple veut résoudre ses problèmes avec des états d’âme, et non une réelle volonté d’en venir a bout rien ne peut se concrétiser. Car, c’est se mentir soi même, se voiler la face. Donc un mirage. Nous, ikoniens sommes conscients des éléments nuisibles existant à Ikoni depuis le conflit et nous faisons semblant de les ignorer. Donc, personne n’a l’exclusivité du faux-semblant. Nous sommes tous impliqués. N’appelons pas la l’unité sans qu’on installe son lit.« Hayna utsaho dezo, ye hu trende ha tsaha ze nanga ».Espérons la paix et faisons des efforts. N’appelons pas l’unité sans qu’on s’assure qu’elle ne quittera plus jamais nos murs. On a besoin d’elle mais en vrai. Pas en imaginaire. N’appelons pas la Paix sans qu’on s’assure que la guerre est prête à prendre congé de nous. Sans que les hostilités cessent, sans que la bipolarité complexuelle arrête d’exister.

Et comment la guerre peut-elle s’en aller ?

Jamais une paix sans la vouloir. Mais il ne suffit pas de la vouloir pour l’avoir, il faut aussialler au charbon en osant affronter les causes profondes de cette guerre. Je n’ai pas dit faire la guerre, j’ai dit affronter la guerre. Oser parler des problèmes, confronter les obstacles mais non les contourner et là, la Paix s’invitera toute seule sans intermédiaire. Mais une Paix supposée n’est pas appropriée à une ville glorieuse, héroïne, malaimée et martyrisée comme la notre. Comme a dit François Mitterrand : « le nationalisme c’est la guerre »,mais, Dafine Mmidjindze a dit : « la monotonie c’est aussi un bouchon ».Alors l’absence de débat, favorise le repli, le repli favorise le vide et le vide fait peur à la nature, c’est ainsi que les cruels occupent l’espace de notre milieu. Nombreux sont les problèmes qui ont opposé les quartiers d’Ikoni mais la solution a été toujours sur la planche. Pourquoi cela ? Parce que la neutralité n’avait pas de place. Dire, que je n’ai pas de camp, c’est être nulle part et être partout à la fois. Et cela est un vrai venin contre la Paix. Aujourd’hui, la réalité se voile. Il y avait « wa mdrambwaniet le reste »,donc après conflit, on pouvait s’assoir pour palabrer. Aujourd’hui, le conflit oppose « Mrambwani, les deux quartiers restant, les dissidents des quartiers ainsi que la municipalité, donc 5 clans. Même si elle est de Bamabao, mais le problème actuel vient de cette institution. Pendant qu’elle était locale. Dans ces clans des responsables qui veulent à tout prix qu’on passe l’éponge sur cette situation pour se couvrir doivent être conscients de l’épais manteau qu’ils enveloppent notre cité.

Pour une Paix durable.

Que le mawlid soit fait par tous les ikoniens ou une partie, l’arrogance de la Paix est complètement figée. Ne soyons ni dupes ni hypocrites. Soyons conscients que la Paix boude notre ville. Soyons conscients que la Paix temporaire n’est qu’un château de sable. Soyons conscients que les « wazeyé de Ngazidja », n’avaient que constater à deux ébauches sans résolution. Rien que la valeur sans gout, ni odeur encaissée puis partir avec leurs « sandales ». Ikoniens, ne soyons pas lunatiques, ne prenons pas les générations futures pour des abrutis, ne leur construisons pas non plus des lendemains problématiques ni un château en Espagne. Pour une vraie Paix à Ikoni, cessons nos discours d’autosatisfaction, cessons d’être bon à l’agora et d’être nous même dans le noir. Cessons l’hypocrisie. Les vrais guerriers dans ce problème, on les a vus. Des jeunes qui se sont confrontés, violemment, calmement, sur les réseaux sociaux, signant leurs propos par leurs noms, blessant ou non et des moins jeunes aussi. Sinon, « ngama hanywa ya tsimba mhono ka shindi hu yfikiza ». Les jeunes qui s’étaient liés à des acteurs, et assisté à des réunions clandestines juste pour semer la haine, Ikoni est si petite. Nous nous sommes repérés, kwezi. Des éléments pareils, surtout artisans du futur ne devraient pas s’auto déclarer apôtre de la paix, sans un mea-culpa au su de tout le monde ou ne serait ceux qui les ont sur le viseur.

Quel Ikoni pour demain ?

Sans aujourd’hui, il n’y a pas de demain. Pas de peuple sans histoire et pas d’histoire sans mémoire. Parlons-en. Le problème d’Ikoni n’est uniquement pas de quartier. Et celui d’aujourd’hui vient d’une duplicité de complexes. Le problème d’Ikoni vient d’une vengeance contre un faux adversaire. Le vrai adversaire est abstrait. Alors sans commanditaires dénoncés, Ikoni ne sortira pas du cul-de-sac. Pourquoi lorsque 99,09%des bouches ikoniennes, inculpent Adamo Mohamed, Soilihi Hadji, Cheik Ahmed, Inoussa Ali Djaé, Dahalani Said Salim, Chawali Ali, Issmael Twaib, Chabane Abdallah Halifa, Mohamed Abdallah Halifa, Mohamed Athoumani, Issmaila Haboudou, ne se manifestent pas contre la décision de la justice ? Et l’ancien procureur de la République Ahmed Ousseine, disant que si procès a lieu, il y aura des têtes qui vont tomber, pourquoi on ne l’interpelle pas pour qu’il nous dise où sont ces têtes après procès ? Donc ne soyons pas hypocrites. Le Mawlid sera fait dans l’ensemble. Nous le voulons bien. Et après ? Pourquoion s’attaque à un faux problème comme si le problème d’Ikoni est né du mawlid ? Le mawlid ne doit pas être pris pour un alibi. Nous faisons la prière de vendredi ensemble, nous enterrons nos morts ensemble, nous prenons de taxis ensemble… même si difficilement mais la cohabitation est là. Arrêtons notre hypocrisie. Des pyromanes allument le feu avec la main droite et à la main gauche, un verre d’eau prétextant l’éteindre, juste un verre d’eau. Nous savons tous que ceux qui ont préparé cette apocalypse n’avaient aucune idée dela dimension qu’il a prise, donc parlons-en. Que les commanditaires soient rendus publics pour un mea-culpa, mais au moins qu’on sache qui a commandité quoi. Le mawlid sera fait dans l’ensemble, mais, cela ne va pas suffire, il faut qu’on œuvre pour une vraie paix. Et la vraie paix est conditionnée de réconciliation, et la réconciliation ne peut se faire sans honnêteté, punir les punissables, dresser un bilan… et mettre à table les idées pour savoir ceux qui divisent et ceux qui peuvent nous unir. La médiation de la notabilité n’a pas de vrai sens car, ils vivent moins nos douleurs.

Donc, ne nous mentons pas.

Mettons-nous autour d’une table, parlons des vrais problèmes, cherchons là où se trouve la différence pour que l’attirance mutuelle ait lieu. La virginité spirituelle dans ce conflit c’est maléfique. Et la fausse neutralité, c’est une contribution au chaos. Assez ! Pourquoi à Ikoni, on a peur de parler de notre problème avec clarté ? Pourquoi, n’adoptons pas l’habitude de nous dire les problèmes en face pourque ça change une fois pour toute ? Arrivera-t-il un jour où on peut porter critiques sans être pris pour un impertinent, pour un insolent, pour un arrogant, pour un diffamateur ? Arrivera-t-il un jour où nous, enfants d’Ikoni comprendrons là où se dirige le monde d’aujourd’hui pour que nous puissions participer au concours ? Nos ainés, ont fait, nos ainés ont défait. Je ne suis pas d’accord avec ceux qui disent que ces générations n’ont rien fait. Si, elles nous ont légué beaucoup. Les cours de soutien, les kilabu, les rencontres, les kermesses, quelques aménagements, le terrain de foot, de basket même si d’une autre part, elles ont failli à une plus grande partie de leurs missions. Donc, démêlons les bienfaits des méfaits, et voilà, adoptons une autre manière, prenons l’habitude d’accepter la critique pour pouvoir émettre des critiques sans pour autant prendre cela en insultes. Ikoni en a besoin…

SAID YASSINE Said Ahmed

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