( 18 mars, 2014 )

MON FRERE, JE N’AI PAS CHANGE D’OPINION. VOICI TOUJOURS MA CONVICTION

Toujours, je m’exprime avec ma rugueuse plume. Mais l’essentiel c’est le fond bien sûr. L’affaire d’Ikoni a atteint son apogée. Et nombreux, sont parmi nous qui accueillent le mirage devant leurs yeux. Toujours, pourquoi n’osons-nous pas considérer le problème avec sérieux ? Pourquoi préférons-nous vivre avec du faux-semblant ? Mais en réalité, qui sont concernés par une réconciliation, ceux qui sont blessés ou ceux qui s’entredéchirent avec formalité pour tirer profit du drame ? Moi, personnellement, n’étant pas capable de me mentir, je ne peux mentir à personne sur cette affaire. On pardonne qui ? Pourquoi faire appel au pardon dans un endroit où « ni moi ni l’autre » ne reconnaissons pas nos fautes ? Si tu me pardonnes, or je n’ai pas reconnu ce que je t’ai fait comme faute, n’est-ce pas peine perdue ?

Certes, comme le mot pardon est bien précieux chez celui qui a commis la faute, il est aussi lourd pour celui qui l’a subie malgré lui. A-t-il déjà existé « pardonner sans le vouloir » ? Pour une réconciliation, il faut une prise de conscience mutuelle. Si le fautif ne reconnait pas son tort, la victime, n’aura pas le cœur au pardon. En réalité qui pardonne ? N’est-ce pas chercher une solution là où il n’y a pas de problème ? Celui à qui on a brulé la maison, la voiture, détruit les biens est sans doute le seul à avoir droit de pardonner l’auteur de ces crimes. Cette même victime, est la seule personne pouvant traduire les commanditaires présumés en justice ou les pardonner après l’échec de la justice.

Ne vendons pas du sable aux Sahraouis du désert.

Pour qu’il y ait pardon, il faut un mea-culpa. Et qui a demandé pardon à qui ? Mais pourquoi tout le monde a raison, tout le monde veut balancer la faute à l’autre et tout le monde veut se gratifier une compétence d’arbitrage ? Mais pourquoi d’un coup tout le monde se prétend complaisant et neutre ? Mais pourquoi ceux qui ont payé les billets des trains dans le but d’aller faire part à des réunions de quartier, dans les différentes villes de France, se déroulant en tapinois se disent aujourd’hui ne faisant jamais partie d’une scission, alors qu’on les connait, en tout cas les cerveaux de ces assises ? Mais pourquoi veulent-ils toujours nous impressionner avec leurs bons discours d’apôtre de la paix ? Cessons nos mensonges !

Ca fait presque un an et demi, depuis que le méchant conflit a rendu en miette notre ville. Ca fait presque un an et demi depuis qu’on se ment les uns aux autres. Ca fait presque un an et demi depuis que des commanditaires se promènent, circulent à Ikoni et ailleurs avec leurs mains plein de sang. Nous tous au téléphone, dans nos petits secrets entre amis des différents quartiers, avions parlé d’un tel et d’un autre comme commanditaires, soient confirmés ou présumés. Nous tous avions embrassé les dires de l’opinion publique ikonienne. Mais pourquoi, aucun nom ne circule dans nos textes aujourd’hui alors que furtivement, on se dit qui a fait quoi ? Je le demande car dans quelques-uns de mes textes, j’ai cité quelques noms parmi ceux qui se promènent dans les bouches des ikoniens. Soit vrais ou faux commanditaires, mais c’est à nous de creuser.

Outre, des noms ont été cités lors de l’audience au tribunal de Moroni, et rien n’est avancé et aucune inculpation n’a été faite. Et tout a été zappé. Et de ça personne n’en parle. Oui tout le monde devient ange. Tout le monde veut la réconciliation. Et même les vrais membres des cellules de crises et qui sont membres composants d’un comité secret pour assurer les combats entre leur quartier et celui des autres, prêchent comme le Vatican en bon conciliant. C’est pour cela mes chers amis que même si la Paix s’invite volontairement à Ikoni ne sera qu’éphémère. Ca me fait rire quand j’accuse quelques interventions ici et là, qui révèlent réconciliation et dont les auteurs me sont connus de position, même s’ils font confiance en l’œuvre de la discrétion. Ironie du sort.

Si on suppose une paix, rien ne sera résolu 

Mais en vérité, sans que pardon soit demandé, sans reconnaissance de la faute à autrui, avons-nous la garantie qu’après réconciliation, la justice de soi-même ne sera pas monnaie courante dans notre cité ? Surtout maintenant où des jeunes inculpés se trouvent à Ikoni depuis des mois et quelques, après évasion de la prison ? Et de cela, personne n’en parle. Une réconciliation échouée, alors. Personne ne peut se dire ne sachant pas que le conflit d’Ikoni a été géré futilement et malicieusement. N’est-ce pas pour cela que la Paix reste arrogante ? On a fait le mawlid ensemble. Or ce mawlid était sujet à beaucoup d’inquiétudes pour de nombreux ikoniens de tous bords… Bien.

Le ministre de l’intérieur de l’époque Ahamada Abdallah, le chef du service des renseignements généraux, le procureur de la république de l’époque, les chefs politiques, les notables n’ont rien fait d’efficace. Ikoni a souffert, Ikoni a pleuré, Ikoni avait perdu espoir. Et sans doute on ne sait à quel saint se voue-t-on. Regardons-nous très bien sans hypocrisie. Comment nous restons sans savoir que des enfants ikoniens, issus même de notre ville, sont la pièce à conviction de certaines politiques mal intentionnés afin de déstabiliser notre ville pour leurs fins personnelles ?

Certes, ce conflit ne doit pas être géré dans la neutralité. Cela me pousse de souligner que ceux qui qualifient leurs frères d’autre bord des séparatistes, doivent réfléchir un peu. On ne peut pas tenter de résoudre ce problème avec un ami d’autre quartier, en lui mentant qu’on n’a pas de quartier. Et comment peuvent-ils s’apporter les besoins de leurs quartiers, s’ils prétendent ne pas être de ceux-là ? Comment peuvent-ils se faire parvenir les doléances des autres sans qu’ils soient avec eux et qu’ils sachent à fond de quoi ont-ils besoin pour la paix ? Comment peut-on se faire contribution si on prétend ne pas être nulle part ? Non, la neutralité dans la bipolarité n’est qu’une mascarade et ça tue la franchise. C’est pour cela que certains n’inspirent pas de confiance aux autres.

Alors va-t-on croire X ou Y s’ils disent qu’ils sont neutres, connaissant leurs quartiers ? Et ceux des leurs vont-t-ils les accepter s’ils disent qu’ils sont avec eux ? Donc soyons réalistes. Que chaque camp se sente d’Ikoni, fait son œuvre à Ikoni comme il peut, donc la contribution à sa manière en attendant la Paix. Oui en attendant la Paix. Car sans reconnaitre la faute pas de pardon et sans pardon, pas de Paix. Dire que les « autres » sont un groupe de séparatistes, c’est un tort. Quartier et quartier, vont une ville. Nous sommes tous ikoniens. Donc toutes contributions pèsent dans Ikoni. Ceux qui aménagent Bishioni, ceux qui aménagent Parendraru, sont tous des ikoniens. J’assume mes propos qui prennent toujours la même ligne depuis que j’ai commencé à m’exprimer sur cette affaire.

Un séparatiste est né séparatiste et le reste à jamais.

J’illustre mes propos par mon environnement à moi. Moi qui ai grandi avec Séoud Cheick, Idriss Charif, Hassani fadhuli, Abdallah Hamada Djaé (yadza), Bihaïr, Youssouf Issihaka, Mmadi Youssouf, Daoud Bacar, Athoumani Youssouf, Tourki, Sitty Massoundi, Salmata Kassim, Daourina Radjab, Fatima Issmael… moi qui ai festoyé journellement avec Séoud chez lui comme chez moi. Moi qui ai dispensé des cours de soutien à mes petits frères et petites sœurs de mon quartier de croissance Mtsambuntsini, qui peut-être certains parmi eux vont témoigner. Nous tous qui avions partagé le même vala chez maman Chakila, précisément pvo Bangweni. Moi qui reste matin et soir avec les mères de mes amis plus précisément du quartier Bangweni, bien comme ma propre mère. Moi qui reste avec Abdillah Said, Chamouine Said, Soilah dine Younoussa, Mkolo, Abdillah Makélé, Haslèr, Nadjim, Moudjib, Soilhah, Farid Dez, Kaim et les autres. Moi qui côtoie à chaque levée du soleil mon grand frère Amdjad, Albinos, Bébé, Said Mdjassiri (Doudja) et les autres. Moi qui m’assois aux côtés de mes wazés tels que, feu, Massoundi Abdou hassani, Soulé Hamadi, Younoussa haboudou, Hassani Abdallah, Mdjomba Nouhou, Hamada Haboudou et les autres. Moi dont Mohamed Ali (Algérie) a éclairé l’enfance. Moi qui vais quotidiennement rendre visite à ma belle-mère Moinaecha Ali Mgomdri, la deuxième épouse de mon père. Moi qui suis allé au « magayani avec Adam Ali Mzé, Youssouf Mmadi, Abdati, Issihaka Mada et autres ». Comment peux-je me sentir autre ? Comment pourrai-je renier cet environnement qui a charmé mon enfance, ma jeunesse, mon parcours ? Si j’utilise mon cas comme exemple, c’est pour éviter la foudre. Et là on comprendra facilement de quoi je parle. Alors il faut oser me qualifier de tous les mots, mes chers frères et sœurs. « Et je défie n’importe quel auteur… »  

Et pourquoi on nous a brisé cet élan ? Pourquoi on nous a gâché cette atmosphère si rayonnante ? Alors ne pas se manifester aucunement c’est de mentir. Nous pouvons réclamer cet élan brisé. Nous pouvons réviser les pactes qui nous avaient naturellement unis. Et cela ne peut en aucun cas se faire dans la neutralité. C’est choquant mais je le dis. A chacun son pressentiment à mes propos. Mais je trouve que plus on n’ose pas, plus l’affaire prend autre dimension et les méchants deviennent apôtres et les conciliants sont indexés de méchants.

Je finis mes lignes par dire ceci : « oui les problèmes d’Ikoni ne peuvent pas être résolus par d’autres que des ikoniens. Le passé nous a appris. Et même ces gens d’ailleurs sont ceux qui ont mis de l’huile sur le feu. Même si beaucoup d’entre nous font semblant de ne rien savoir.

SAID YASSINE Said Ahmed   

( 18 mars, 2014 )

18 MARS 1978, SAMEDI NOIR D’IKONI

La semaine a sept comme quantième de jours,

Le premier des jours venait le maussade tour.

Samedi matin avant que chacun ne quitte le lit,

Ikoni est réveillé par une langue rouge qui délie.

 

La voix bien haute : « réunion de la révolution ».

Que les hommes soient présents sans distinction.

Le vœux est exaucé, les hommes au Bishioni,

Le commando mwasi a gommé la ville d’ Ikoni.

 

Tous les cœurs battent, tous les corps tremblent,

Un brouillard débarque, d’un coup, il trouble.

L’anxiété, le doute envahissent tous les cieux,

Le climat sans prévenir devient aussi silencieux.

 

La giboulée brûlante de balles se met à pleuvoir,

Le matin funeste prend l’image d’un horrible soir.

Des bons chasseurs sans pitié aux oiseaux sauvages,

Les cerveaux s’éparpillent, les sadiques ravagent.

 

Un fleuve rouge, se libère, fleuve rouge du sang,

Avec puissance, il alimente le sol en jaillissant.

Les yeux innocents des corps rougis par les morts,

Font aussi des gaves sanglants dégoulinant ces corps.

 

La place Bishioni, lieu emblématique de la ville

D’Ikoni faisait son repos ces heures là dans le péril.

Des sourires ironiques abandonnent tous les fronts,

Sourires nés du chatoiement des balles perçant le fond.

 

Le mont djabal a pleuré, le mont djabal a crié,

Tous sont inondés du sang, les lieux où on peut prier.

L’opération commando mwasi rend des orphelins,

Prive à certains des moitiés, des pieds et des mains.

 

Dans la crainte, Ikoni est réveillé par les youyous,

Des balles qui retentissent dans le ciel et de partout.

Les foyers séjournent dans le deuil et dans les ténèbres,

De la journée sanglante d’une célébrité funèbre.

 

Les enterrements se sont faits sans cortège ni chœur,

Fosse commune était prévue, cela fait mal au cœur.

Mais le cri des mœurs, de la tradition et cri de la religion.

A donné chacun sa demeure propre pour la communion.

 

On pleurait à des morts et à des organes disparus,

On pleurait à ceux dont les membres sont détruits.

Cela n’avait pas suffit, il avait fallu tout anéantir,

Déporter les dignitaires à Hombo pour finir.

 

Moi enfant natif de cette robuste terre, terre mal aimée,

Je n’oublie pas les onze âmes avalées dans la fumée.

Chaque année quand il se prescrit le mois de mars,

On commémore pour les âmes arrachées par les atroces.

SAID YASSINE Said Ahmed

( 12 mars, 2014 )

CE QUE JE PRECHE

Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux. Louange à Allah seul. Bénédiction et salut soient sur le sceau des prophètes, sur sa famille et  ses compagnons et ceux qui les auront bien suivis.

Ma sœur, mon frère,

Unissons-nous, sincèrement, pour notre fraternité dans la foi en l’islam et non, pour une unité de façade qui a pour seul horizon, assouvir des ambitions personnelles et obtenir quelques privilèges voire recevoir un  maroquin. Et que nul ne se targue de détenir à lui seul le monopole de l’amour de notre ville. Car personne ne souhaite le morcellement de notre communauté ni la marginalisation d’aucun de ses enfants. Personne ne compte ériger un rideau de fer entre nos quartiers. Prions Allah de nous protéger contre les affres de la discorde.

A l’unisson, appelons à une cohabitation pacifique et pour une cohésion sociale entre tous les membres de notre cité en respectant la diversité de nos sensibilités, l’unité ne devant pas être confondue à l’uniformité. Chacun de nous doit trouver sa juste place dans la société et assumer pleinement ses responsabilités pour un développement harmonieux de toute la communauté. Tel notre corps divers dans sa constitution,  pourtant, chacun de membres y joue un rôle utile et cohérent pour le bon fonctionnement de tout notre organisme. Sachons que la relation à l’autre est constitutive de notre propre identité et que, différent de moi, l’autre, loin de me léser m’enrichit. Dorénavant, tournons le dos au vacarme et au tumulte, et mettons tous de l’huile dans les rouages de notre grand essor commun en évitant d’en mettre dans le feu.

Cependant, la seule façon pour nous de cohabiter dans une relative harmonie consiste à obéir à la maxime universelle : « ne pas faire à autrui ce que nous n’aimerions pas qu’il nous fasse.»  Mieux encore, nous avons la chance d’appartenir à une même communauté de foi ; la foi en islam, dont les grands concepts et principes, émanant du Coran et de la Sunnah, sont la bonne moralité, la paix, l’amour, la tolérance, la miséricorde, la compassion, le respect, l’humilité, le dévouement, l’égalité entre les Hommes et l’équité dans le rapport avec les autres. C’est à ce pacte et à cette unité de valeurs que Dieu notre Créateur et son Prophète (Saw) nous exhortent à souscrire. Cette unité portée dans nos cœurs, de jour comme de nuit, lorsque nous accomplissons ensemble les cinq prières quotidiennes, côte à côte, l’aveugle et le voyant, le riche et le pauvre, le noir et le blanc, le « mnamdji » et le « mroumdzima », tous tournés vers une même direction.

Dans les versets 102-103 de la sourate 3 Allah nous demande de nous réunir par la devise de l’islam: « Ô les croyants ! Craignez Allah comme il doit être craint. Et ne mourrez qu’en pleine soumission. Et cramponnez-vous tous fermement à l’anse.» (Câble, pacte) d’Allah et ne soyez pas divisés ; et rappelez-vous le bienfait d’Allah sur vous : « lorsque vous étiez ennemis, c’est Lui qui réconcilia vos cœurs. Puis, par  son bienfait, vous êtes devenus frères… ».

Par ailleurs, pour l’islam,  tous les Musulmans sont des Frères. C’est ainsi que le verset 10 de la sourate 49 nous qualifie : « Les croyants ne sont que des frères. Etablissez la concorde entre vos frères, et craignez Allah, afin qu’on vous fasse miséricorde.» Il s’agit  d’une fraternité qui nous oblige à prêcher le bien, ordonner ce qui est convenable et interdire ce qui est répréhensible. C’est pourquoi notre Seigneur nous dit : « … Entraidez-vous dans l’accomplissement des bonnes œuvres et de la piété et ne vous entraidez  pas dans le péché et la transgression. Et craignez Allah, car Allah est, certes, dur en punition ! » (Sourate 5 verset 2)

En outre, dans le verset 90 de la sourate 16, Il nous parle en ces termes : «  En vérité, Allah ordonne l’équité, la bienfaisance et l’assistance aux proches. Et Il interdit la turpitude, l’acte répréhensible et la tyrannie. Dieu vous exhorte ainsi pour vous amener à réfléchir ». Notre Prophète (Saw) abonde dans ce sens dans le hadith  suivant : « Méfiez-vous de la présomption car la présomption est le parler le plus mensonger. N’employez pas vos cinq sens à la recherche des défauts des autres et ne vous espionnez pas. Bannissez entre vous toute concurrence déloyale, toute envie et toute haine. Ne vous tournez pas le dos les uns les autres et soyez frères, ô Serviteurs de Dieu. Le Musulman est le frère du Musulman : il ne lui fait pas d’injustice, ne lui refuse pas son soutien et ne le méprise pas. La piété est ici (désignant 3 fois sa poitrine, c’est à dire le cœur). Il suffit à l’homme pour être mauvais de mépriser son frère musulman. Tout le Musulman est interdit au Musulman : son sang, son honneur et ses biens. Dieu ne regarde pas vos corps, ni vos images, ni vos actions, mais Il regarde vos cœurs. » (par Al Boukhari et Muslim)

Dans un autre hadith notre Prophète (Saw) dit : « Le croyant n’atteindra pas la plénitude de la foi tant qu’il n’aimera pas pour son Frère ce qu’il aime pour lui-même. » (par Al-Boukhari et Muslim) Selon Anas (RAA), le Prophète (Saw) a dit : « Secours ton frère, qu’il soit injuste ou opprimé »  Un homme demanda : «Ô Prophète de Dieu ! Je le secours s’il est opprimé, mais s’il se montre injuste, comment pourrais-je le secourir ? »  Le Prophète répondit : « En l’empêchant d’être injuste, et en cela, tu l’auras secouru. » (Par Al-Boukhari) Ainsi, force est de constater qu’il ne saurait y avoir de communauté de vie pacifique sans qu’il y ait des normes et discipline respectées de tous, d’une manière véridique  et sans aucune altération.

Certes nous avons des  droits mais nous avons aussi des devoirs. Sans règles ni sanctions bien précises c’est la voie ouverte vers l’anarchie. Et la loi du plus fort prévaudra. Nous avons le Coran et la Sunnah comme principales références pour guider nos actions. Nos us et coutumes, sagement appliqués à bon escient, agissent aussi comme régulateurs de conflits. Les autorités municipales doivent également jouer un rôle primordial dans la conduite et la maîtrise des affaires de la cité. Pour mémoire, à Médine, où cohabitaient les Mouhadjirines (migrants), les Answares (sympathisants) et les Juifs, pour assurer un environnement social relativement paisible pour les musulmans, notre Prophète a du signer un accord de paix (la Trêve de Hudaybiya) avec les païens dont il accepta la plupart des requêtes.

En revanche, je pense qu’il nous  faut arrêter de prêcher par excès d’angélisme. Car il est improbable que nous aboutissions réellement à la vie paisible et sereine que nous aspirons tous, si nous nous épargnons d’établir l’inventaire des événements tragiques qu’a connus notre ville en décembre 2012 et janvier 2013. Que les vrais responsables se dénoncent eux–mêmes ou bien qu’ils soient dénoncés par ceux qui connaissent la vérité. Je ne revendique pas que nous coupions des mains et encore moins des têtes. Etant pragmatique, je pense même que le dédommagement des victimes par les coupables demeure irréaliste.

Alors, pour l’absolution, il ne reste plus que la sincère pénitence de ceux qui ont fauté.

Chacun est responsable de ses actes et  aucune âme ne portera le fardeau d’autrui. Que chacun de nous passe alors en revue les injustices qu’il a commises avant qu’il ne les passe en revue devant La Haute Assemblée d’Allah. Ce jour-là il sera trop tard pour se repentir. L’islam reconnaît la propension humaine de pêcher, car l’être humain est faible de nature. L’âme incitatrice au mal rode toujours autour de nous.

Mais sachons également que le repentir attire la miséricorde divine et Allah aime le pêcheur qui se repent. Oui Allah aime ceux qui se repentent et Il aime ceux qui se purifient. Notre  Seigneur, « Le Pardonneur des péchés, Accueillant au repentir, le Dur en punition, le Détenteur des faveurs. Point de divinité à part Lui et vers Lui est la destination »,  nous exhorte donc à nous repentir. La  pleine mesure de sa compassion envers les pêcheurs se manifeste dans le verset suivant : « Et Allah souhaite accueillir votre repentir, alors  que ceux qui suivent leurs passions cherchent à vous égarer totalement. (de sa Voie) »  (Sourate 4, verset 7).

Et notre Prophète (Saw) nous dit : «  La progéniture d’Adam se trompe constamment ; mais les meilleurs de ceux qui se trompent constamment, sont ceux qui se repentent constamment » (Par At-Tirmidhi, Ibn Majah, Ahmad, Al-Hakim)

Chère sœur, chef frère, je vous remercie de votre aimable attention.

Et je termine par le hadith rapporté par Al-Boukhari et Muslim : « Chacun de vous est un berger et chaque berger  est responsable de son troupeau… » Qu’Allah nous guide et fasse de nos enfants une descendance pieuse qui L’adorera et suivra les enseignements du Prophète swalla-Allwahou anlayihi wa sallam !

Paris, le 11 mars 2014

Mohamed Soulaïmana Mouigni

( 4 mars, 2014 )

UNE VISION CLAIRE SUR IKONI

Je prends le risque au nom de tous ceux, blessés et bouleversés par les tragiques et sanglantes émeutes qui ont endeuillé la ville d’Iconi en décembre 2012 pour me désolidariser de tous les jeunes émeutiers et plus particulièrement de ceux issus de là où indépendamment de ma volonté, la nature a fait que je fais partie intégrante. Je m’engage de mon vivant avec tous ceux qui sont de mon avis et qui demeureront à Iconi de ne plus jamais croiser les bras face à d’éventuelles tentatives qui verraient la reproduction de l’inqualifiable barbarie de décembre 2012.

 

Nous nous battrons de toutes nos forces pour épargner Iconi que nous aimons et chérissons des dérives assassines des méchants loups survivants d’une époque révolue prompts à se servir de jeunes êtres humains innocents pour assouvir leur voracité. Toujours au nom de ceux qui sont de mon avis, je présente mes très sincères excuses auprès des victimes des exactions perpétrées par ceux que je représente sous prétexte de réplique à celles infligées par ceux d’en face. L’implacable logique « d’oeil pour oeil et de dent pour dent » ne me paraît pas de nature à ramener la paix dans une communauté et à préserver le bien être de ses membres surtout de sa jeunesse tout particulièrement, fer de lance d’un avenir meilleur. Je m’associe à ceux qui continuent d’oeuvrer pour rassembler Iconi. L’union fait la force et nous en avons bien besoin en ce moment pour relever les défis auxquels nous sommes confrontés. Vouloir cela est contraire à des pratiques mesquines d’éclatement en miettes de notre communauté.

 

En revanche, libre à ceux qui peuvent contribuer à l’embellissement en cours entrepris par les jeunes à Iconi de le faire quand ils veulent et où ils veulent s’ils sont sollicités. Il ne faut rien attendre de la justice de notre pays, c’est un leurre d’exiger une justice équitable dans l’environnement délétère qui caractérise les tribunaux des Comores, une institution moribonde. La vraie justice qui nous conduira à une réconciliation conséquente est celle des braves gens d’Iconi qui oseront faire leur mea culpa eu égard à ce qui a été commis et capables de faire triompher la raison à la place d’un entêtement stupide qui semble primer chez certains; saisir la balle au bond à chaque fois que les uns ou les autres feront la moindre concession est la garantie d’une paix juste et durable à laquelle tout un chacun aspire.

Mohamed Kassim

( 2 mars, 2014 )

LA NOUVELLE VILLE D’IKONI SE PROJECTE VERS LE SUD

Ikoni est une cité pleine de bravoure avec une histoire très riche. Nombreux sont les endroits mythiques et les monuments qui la charment. Après la naissance d’Ikoni au nord, sous la falaise de Mont-djabal, certains quartiers émergent au sud-est de ce même Mont. Une expansion vers Ipvingu-djuu et Mbuu-dju ya shuma. Précisément ces deux quartiers car ils sont les premiers quartiers primitifs et qui existent jusque maintenant. Les deux familles qui s’installèrent auparavant au Nord de la cité, se sont projetées vers ces deux endroits susmentionnés pour fonder l’Ikoni contemporaine. Leurs chefs furent Mbandzi et Simbi. Respectivement de la famille Inya mwahiko et Inya djiva. Par la suite, il eut naissance d’autres quartiers comme Ndrenini, qui fut auparavant un village abandonné, Mifuni, Shimani, Mpanga-hari, Ivunvuoni, et autres. Enfin, les quelques têtes qui restaient à Hamboda et Panga Ntsini, parmi lesquels quelques-uns appliquant l’art de la pêche, transfèrent leur « paya » vers Kwadjandoni, après hiko-djuu mshileni, jusqu’au moment où Djumbe Mambwe wa Nguu, l’a transféré vers « Ntsini mwa mtsambu » connu aujourd’hui sous le nom de Mtsambu-ntsini.

Les Mrenu ont leurs vestiges à eux ; comme les Tabutas, les mobiliers, les niches et tant d’autres. Les Shiraz aussi régnèrent à Ikoni et laissèrent à leur tour leurs descendants et leurs vestiges. Comme de partout dans l’archipel, Ikoni fut traversée par ma ferembwe et mafe. Et enfin par mabedja. Ne  fut-ce pas les pouvoirs ou même les régimes avec lesquels les pays de Ngazidja ont été gouvernés ? Leurs descendants sont aussi là, comme ceux d’autres y sont présents.

A Ikoni, on remarque les descendants des Mrenu par leurs yeux bleus comme le fond de la mer, d’une couleur turquoise. A Ikoni, on salue matin et soir ceux qui ont le nez d’épée, des yeux glauques et des cheveux lisses. Descendants des shiraz, bien sûr. On joue avec ceux qui ont des cheveux de poivre comme les miens, d’une peau noire foncée, sans doute des bantous. On parle avec ceux des cheveux longs, non lisses, aux beaux yeux qui brillent, jetant des étincelles, d’origine indienne. Il y a aussi les yéménites, les indonésiens, les descendants de la reine de Saba. Tous se retrouvent à Ikoni. N’est-ce pas tous ceux-là qui forment le brassage ethnique de la cité ? Voilà une population hybride.  

SAID YASSINE Said Ahmed

( 14 février, 2014 )

« La vérité, et rien que la vérité ».

Bismillahi-Arrahmani-Arrahim

Louange à Allah seul. Bénédiction et salut soient sur le sceau des prophètes, sur sa famille et ses compagnons et ceux qui les auront bien suivi. Mon frère, avec ton air malicieux, tu m’affubles du qualificatif de séparatiste. Matin et soir, tu chantes ce refrain en boucles, risquant de t’asphyxier. Et le ridicule finira par te blesser. Je ne t’ai pourtant jamais entendu traiter de séparatistes, nos frères originaires de Mtsambountsini. Eux qui, depuis très longtemps, à Paris comme à Marseille, se sont toujours réunis sans intrus. Tu le savais n’est-ce pas ! Au lieu de t’égosiller et de verser quotidiennement dans la palabre insipide et stérile, tu ferais donc mieux de canaliser ton énergie pour l’user dans les efforts de réhabilitations de notre très chère ville. Peu m’importe avec qui tu t’associes, ou dans quel quartier tu veux les réaliser. C’est ta liberté !

Peu m’importe également la dimension de l’œuvre. Un petit galet ou une dalle ; un petit sentier ou une « autoroute » … comme tu le veux ou comme tu le peux. En tout cas, ce sera toujours fait dans un des quartiers d’Ikoni. Au final, tu fais beaucoup de discours, mais avec peu d’actes positifs aux fruits palpables. Cher frère, l’union est un idéal noble auquel j’adhère moi aussi. Mais la réalité universelle est toute autre. Divers partis, des courants dans un même parti et même des clubs dans un même courant. Ainsi va le monde. Ce n’est pas la diversité qui est condamnable. C’est plutôt l’animosité qui règne chez certains qu’il faut extirper. Faisons-nous la concurrence dans les bonnes actions et non dans les destructions : « A chacun une direction vers laquelle il s’oriente pour accomplir sa prière ! Mais l’essentiel est de chercher à vous surpasser les uns les autres dans l’accomplissement du bien… » (Sourate 2, V148) Moi, je dis plutôt un grand merci à tous nos frères sur les terrains, à Ikoni, qui s’échinent dans toutes les actions de restauration de nos lieux de vie afin d’améliorer au moins « l’état esthétique » de notre ville.

Certes, un moment viendra où certains projets nécessiteraient la conjugaison des actions de toutes les forces vives de notre ville. Ce n’est pas nouveau chez nous, n’est ce pas ! Notre mosquée de vendredi a bien été conçue collégialement et réalisée par des participations financières séparées et variées de nos quartiers… Nous sommes capables d’intelligence quand il faut ! Au fait, où sont les érudits de Mtsambounstini? Je ne veux pas du tout insinuer ici qu’ils approuvent les atrocités commises dans notre ville ! J’attends seulement un silence assourdissant de leur part. J’entends seulement un silence assourdissant de leur part. Aujourd’hui en tout cas, moi, j’abandonne volontiers mes habits du « Mdrwantsi » doté d’urbanité et de sympathie communicante. Oui, j’en ai assez de recevoir des gifles venant toujours des mêmes gredins, des mêmes incendiaires et des mêmes scélérats. Chaque fois que je passe l’éponge, le surlendemain ils récidivent. Te rappelles-tu du 16 août 1996 ? Un meurtre au « Founihaziri ». Heureusement que cette fois-ci, en décembre 2013, quoiqu’ atroces, les dégâts ne furent que matériels ! Il y a eu néanmoins un « meurtre symbolique » : la destruction de la plaque commémorant l’assassinat de 1996. Parce qu’ils ne veulent pas qu’il reste une trace pour la mémoire ! Or sache que « parce qu’un homme sans mémoire est un homme sans vie, un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir »

Cependant, si j’avais le pouvoir d’oublier, j’oublierais. Bien que mon chagrin soit encore vif : « Telle est la vie des hommes. Quelques joies très vite effacées par d’inoubliables chagrins ». Pourtant, je ne désire nullement pas me venger. Rassure-toi, je reste sans haine ni rancoeur. Cela consume le cœur. En effet, mes « foundis » m’ont toujours mis en garde contre ces grands maux. Ainsi, je voudrais pardonner. Sachant que le pardon n’est toutefois pas une obligation imposée par notre Seigneur. C’est seulement une recommandation, donc un libre choix laissé à la victime. La règle générale étant l’application de la loi. Il est vrai qu’une mascarade de procès a eu lieu. Des petites mains sont inculpées et écrouées. Mais les « cerveaux » qui ont commandité ces atrocités ont été épargnés. Ce n’est pas surprenant pour quiconque connaît le fonctionnement de nos juridictions ! Mais toi mon frère matamore, ton attitude me déçoit. Est-ce par crainte de représailles, par solidarité familiale ou par intérêts que tu n’oses pas critiquer et dénoncer ces « cerveaux »! Tu deviens alors l’acolyte de ces agresseurs. En revanche, tu es très bien à l’aise et prompt pour t’en prendre à moi, la docile victime. Le comble de l’hypocrisie, c’est quand tu me parles de Dieu. De quel Dieu parles-tu d’ailleurs ? Car celui à qui je crois, Dit : « …Ceux qui répondent à l’offense quand ils en sont victimes, sans oublier que la riposte doit être égale à l’offense subie ; et que celui qui pardonne et se montre conciliant trouvera sa récompense auprès du Seigneur, car Dieu n’aime pas les agresseurs. Mais ceux qui répondent à une injustice dont ils ont été victimes n’encourent aucune peine. En revanche, sont punissables ceux qui oppriment leurs semblables, et qui, sans souci d’équité sèment le mal sur la Terre. A ceux-là, un châtiment douloureux est réservé.  C’est un signe d’une grande sagesse que de faire preuve de patience et de clémence. » (Sourate 42, V 39-43)

Par ailleurs, penses-tu que ce Dieu est satisfait de ceux qui ont incendié la maison de notre foundi Soulé Mouigni Halouwa ? Les malfaiteurs n’ignoraient sûrement pas que c’était une « maison bibliothèque religieuse », garnie de Corans ainsi que d’une pléthore de manuscrits et cahiers islamiques. Et tout est réduit en cendres. Que des cendres. ! Des cendres. (Ce n’est là qu’une illustration d’un de nombreux lieux sinistrés ; j’aurais pu citer d’autres maisons et véhicules qui ont subi le même sort) : « … Que la malédiction de Dieu frappe les injustes » (Sourate11, V18) Je voudrais pardonner. Tout en sachant que « si l’on est d’une tolérance absolue, même envers les intolérants, et que l’on ne défende pas la société tolérante contre les assauts, les tolérants seront anéantis et avec eux la tolérance » Mais qui dois-je pardonner ? Personne n’a fait son Mea Culpa, et personne ne m’a demandé pardon. Or c’est par la vérité que naîtra la véritable réconciliation qui pacifierait enfin notre cité. Allah nous dit : «… Réconciliez les avec justice et impartialité, car Dieu aime les gens équitables » (sourate 49 verset 9) Et nous parviendrons enfin à vivre ensemble convenablement comme des frères avec nos différences, car Ikoni est une et indivisible, mais n’est pas uniforme. Que les insensés manifestent leur repentir et ma plaie béante commencera à cicatriser! En attendant, je te laisse prêcher la bonne parole auprès des tiens. Moi, je continue ma route avec les miens (les wadrantsi & associés).Je partage paisiblement mes joies socioculturelles et coutumières avec eux, en savourant nos « maelé ya nazi et le ntibé ».

In-challwah un jour nous nous unirons. Qu’Allah nous guide et fasse de nos enfants une descendance pieuse qui L’adorera et suivra les enseignements du Prophète swalla-Allwahou anlayihi wa sallam !

 

Paris, le 13 février 2014.

Mohamed Soulaïmana Mouigni

( 14 février, 2014 )

PRISONS, BRIGADES COMORIENNES OU LIEUX DE FIN DE VIE ?

Pourquoi la prison comorienne devient un lieu de fin de vie ? Vivant ce qui est arrivé à Mohamed Farouk et autres qui l’ont précédé, ce jeudi 13 février 2014, c’est le tour d’un jeune Doudou Issa Ali Abdallah, originaire d’Ikoni. Ce jeune qui était enfermé à la gendarmerie d’Ikoni depuis peu, a trouvé la mort… succombé à ses blessures. Le jeune Doudou Issa Ali Abdallah, ne passant pas plus de trois jours à la brigade susdite a été l’eau à boire des hommes d’uniforme de Vunyanya dju.

Mystérieux. Tôt le matin, le jeune a été découvert mort dans la pièce où il était enfermé. Panique à bord. Sans pouvoir assumer leur responsabilité, les hommes de la brigade d’Ikoni ont fait appel au COSEP pour récupérer le corps. C’est cette unité qui a ramené le jeune inerte à Ikoni. Mais le plus inquiétant, est qu’on ne sait pas quand est-ce que cette atrocité touchera à sa fin. L’Etat naturel, la société sans Etat en quelle se comportent les Comores méritent une radiation.   

Vont-elles s’impliquer les autorités politiques et religieuses comoriennes pour éradiquer ce fléau ? Le muftorat qui ne cesse de prêcher… va parler de ce climat nocif qui règne dans les geôles comoriennes ? Pourquoi ce jeune sans défense… a été affreusement assassiné dans cette brigade ? Doudou, jeune ikonien sans histoire aucune, son sacrifice ne doit pas passer sans échos. Il est temps que les autorités comoriennes se mobilisent pour lutter contre la barbarie élisant la prison comorienne et les brigades, domicile. L’enterrement du jeune Doudou a lieu ce jeudi 13 février 2014 à Ikoni, sa ville natale, et Paix à son âme. 

SAID YASSINE Said Ahmed

COMORESplus

Source : COMORESplus

( 11 février, 2014 )

BISHIONI, LIEU TEMOIN DE L’HISTOIRE DES COMORES

A Ikoni, à chaque lieu son histoire. Il y a ceux dont nous avons connaissance et d’autres qui nous échappent, bien sûr, pour l’instant. Tous comme Lazare, où ceux qui étaient atteints par la variole, sont  ensevelis, en 1922, Bolaoya où les défenseurs de la cité sont morts au profit du fils et père au XIX è, Mbuu-dju ya shuma, la porte de sortie de la ville, Bishioni a son histoire très riche et très mouvementée. Elle commence à façonner tous les enfants d’Ikoni. Plusieurs lieux et monuments témoins ou acteurs de l’histoire locale et nationale y sont présents même si quelques uns sont tombés en ruine. Le Palais de « Ha Idarusi ». Idarusi, un roi originaire d’Anjouan avec sa femme de Ngazidja, selon nos sages, siégea dans ce palais qui se trouve au quartier Bishioni. Plusieurs rois comme le petit fils de Trambwe, un certain Kaleheza y habitèrent aussi. Et en dernier hôte de prestige, c’est le roi Saïd Ali ben Said Omar qui l’occupa. Ni plus ni moins que le dernier Sultan de Ngazidja.

Gand témoin de l’histoire de notre pays, Bishioni a vu la naissance de la première mosquée de vendredi, dernièrement connue sous le nom de Msihiri wa wanamdji. Et, la deuxième mosquée de vendredi, actuellement Msihiri wa Ntibet, elle-même construite par le Tibet Mlanao wa Aziri wa Ilamisiru, dont la résidence fut au Bishioni. Plus précisement au Kapviri djewe. C’est à ce même lieu, c’est-à-dire Bishioni où est bâtie la nouvelle mosquée de vendredi de la ville d’Ikoni. Toutes en parallèle avec le paya la Matso, où se prirent les décisions lors des grandes guerres entre le Bambao et les autres régions. Cet endroit est bien protégé par le quartier Mbanga-hari, anciennement appelé « Mpanga-hari ». Cette appellation vient de la famille Inya-banda, qui fut en majorité dans ce quartier et même quelques descendants occupent terrain jusque ces jours, en l’occurrence chez Said Andhum Said Muhtar, chez feu, Fundi Mmadi Moindze, chez feu, Issimaila Ali Mvulana… Inya banda fut la famille qui assurait la fabrication de « Mpanga, fumu… », Des armes dont les guerriers d’Ikoni et de Bambao disposèrent. C’est après avoir abandonné les armes en « Inazi ». Latéralement, il y a la mosquée de Mvudja-gawa. Gawa qui signifie wamanga. C’est là où les wamanga de l’époque firent leurs prières. Il y a ensuite, la mosquée de Fowmi où les dignitaires firent leurs prières, connue aujourd’hui sous le nom de Msihiri wa fundi salimu.

Juste au Nord du lac Bishioni, se trouva le grand marché appelé, Shindwa nguu-ntsini et autres activités. Le plus vivant, le plus présent c’est le palais Kapviridjewe, où nombreux rois y régnèrent séculairement. De siècles en siècles, voici quelques uns des rois de la lignée Inya Matsa Pirusa qui siégèrent au palais Kapviri-djewe, site symbolique de Bishioni. Ils s’agirent de Djumbe Mambwe wa nguu, de Nyau wa Ntibet, de Ntibet Mlanau, de Fe-uziwa, de Trambavu, de Sujawma Inkwaba, de Nyao wa mfaume, de sultan Ahmed Mwinyi mkuu, de Mmadi bin sultan, d’Abdallah Said Hamza.etc. Jusqu’au dernier sultan Said Ali bin Said Omar. Passons.

D’où vient le nom de Bishioni ?

Il fut une fois. Mlanao wa Aziri Ilamisiru, eut l’intension d’annexer le Hambu, pays dont son père est originaire. Lui même Mlanao, d’inya mba mdro du coté de son père. Donc, il promit aux guerriers de Bambao, qu’une fois prendre possession de Hambu il les récompenserait un à un. Par conséquent, il faut qu’ils fassent preuve d’efficacité. Ce fut bien au milieu du XVIIIe siècle. Ensuite, après la victoire, Mlanao n’a pas respecté sa parole. Et ces guerriers voulurent agir mais sans indiscipline ni diffamation au roi. Donc ils eurent recours à un poète très éloquent et intelligent pour interpeler Tibet Mlanao. Les guerriers, les troubadours, les gens de la cours organisèrent un Sambi. Le sambi fut la musique avec laquelle on célébrait une victoire. Et donc là, Mlanao, sortit de  son Palais Kapviridjewe, pour assister à la fête. C’est dans le lac, piscine naturelle, une fois que la marrée fut basse, que le Sambi se déroula. « Ubiha Ngoma. » Donc, Ndopvo « Bishiyoni ». Le tam-tam retentit, avec la chanson du poète, selon laquelle :

- Sinde ra hora le kalikali la nyuma dzaha

- Ra hora le vuli mdruni la Singani

- Bahi mgu ye djanyiliya ri reme reheleya manda djuu

- Yamba yzo wa hamba bo Kori

- Ba nkuoni yla yka nanga za Mitsudje

- Yfu shuma wa Bambao wa Yrenge

- Niyo kwadja Yrenga dja nkoboha

- Sha wa yrenge na nkaya za mwazi.

Depuis, cette date là, une fois qu’on remporte une victoire suite à guerre, les hamadis d’Ikoni, ensemble avec les troubadours, célèbrent la victoire, à la place, « Bishioni ». Des générations et des générations, le lac servait de terrain de foot avant la naissance du stade Zinkubini. Son eau est bénite, donc féticheuse à tous les enfants de la cité.

Bishioni, lieu des martyres

Et autre point important, comme ce lieu n’a rien d’inaperçu, le 18 Mars 1978, onze martyres s y sont inscrits. En 1799, Ikoni a été attaquée par les malgaches, sous la conduite de Mbeshezi kumanda. Ce fut pendant que Sudjawma Inkwaba siégea à Kapviri-djewe. Après la capture de quelques femmes ikoniennes par les pirates malgaches, certaines ont choisi la mort à la déportation… Elles préférèrent se jeter sur les nandi de Nguntsini, depuis le long de la falaise du Mont-Djabal. El là, c’est au Bishioni qu’elles atterrirent inertes. Elles s y décomposèrent « Oyé, oyé, oyé. Ya allah lâilâha-illadhâhu, ndo kalima laheya». Dirent-elles. Des cris de femmes martyres, des femmes généreuses, des femmes braves, des femmes fières d’elles même. Dans l’air s’inscrit leur mort avant d’être avalées par les vagues et les mapvasi de Ngu-Ntsini, avant d’atterrir sur les eaux qui lèchent les pieds de la falaise du mont-Djabal et de Bwekuni. Même si beaucoup sont mortes, mais quelques captures ont été produites. Les Ikoniens, sont tués, déportés et exterminés par les malgaches. Leurs biens furent confisqués. Le Ntibet Sudjauma-yinkwaba se réfugia au palais Bunarithi, sur le Mont-djabal et fut assassiné à son tour par les pirates malgaches.

Alors, si des enfants natifs d’Ikoni, descendants de Maharaya mbi, comme Mna buna, Fumma wa saydu, Hamada Habakari, Djumbe Fumu, Bwana haziri, Mbaliya mna budugali, Mbaye wa Assoumani et autres. Descendants des femmes martyres, comme koko wa Ta-aniss, Sindza hamu, Mari shando et toutes les autres, tiennent à conserver les traces, en rénovant le lieu symbolique de la ville d’Ikoni-Bishioni, cela doit être notre fierté. Bishioni qui a marqué la grande histoire de notre ville, depuis que cette ville est ville, ne doit pas être rangé dans l’inexistence. Merci, jeunes actifs pour la rénovation de notre lieu-nez de la ville d’Ikoni. Ikoni qui se réveille tôt et qui dort trop tard.

 SAID YASSINE Said Ahmed

( 10 février, 2014 )

LA PLACE BICHIONI

La place de BICHIONI qui est notre centre ville d’Iconi, est à la fois magique et tragique. C’est à ce lieu historique que tout Iconi se retrouve pour les grands événements. Elle est magique, une fois par semaine les musulmans se donnent rendez vous pour la prière du vendredi et l’adoration d’Allah. Tous unis comme un seul corps devant Allah. 

Elle est tragique, 11 personnes natives des cette ville ont trouvé la mort sous les balles des milices du régime d’Ali Soilihi le 18 mars 1978. Les balles n’ont pas distingué les corps selon l’origine du quartier. On a voulu faire taire les Iconis et quelques mois plutard à cette même place les survivants déportés et les prisonniers politiques ont retrouvé la liberté comme sortis de l’enfer vers le paradis.

Et enfin c’est à ce lieu que tout enfant d’Iconi goûte au plaisir de la nage et découvre le goût salé de la mer. Cette eau à la fois douce et salée faites de tout enfant un futur pécheur d’Iconi. Alors, s’il vous plait les bâtisseurs d’aujourd’hui, faites de cette place un lieu magique pour l’ensemble des nos enfants d’ICONI.

Riri ZS

( 8 février, 2014 )

LA REPONSE EST LA. CE REGARD EST PESSIMISTE

Quel regard de cheikh Abdullah, un regard pessimiste qui pointe du doigt certaines personnes qu’on connait par des actions et réalisations qu’elles ont faites à IKONI. Il leur frappe avec force sans réserve, muni d’une sabre qui est sa plume pour les décapiter. C’est un regard accusatoire comme si ces jeunes qui réhabilitent les sites de la ville d’IKONI sont à l’origine de la barbarie sans précédente qui a plongé notre cité dans le désarrois la plus tragique de son importante histoire.

Tu penses que le mieux est de laisser le FOUNIHAZIR, site classé par l’UNESCO comme patrimoine mondial, en lambeau et en ruine après ce qui s’est passé ? Je repose la question encore une fois, pourquoi des jeunes gens qui se sont toujours défoncés pour leur ville en militant en réalisant des actions pour l’évolution de celle-ci, se replient sur leur quartier ? Tes qualifications à leur égard sont loin de ce qu’on connait de ces derniers. Ainsi va la vie mais un jour viendra. On fera le bilan de celui qui a réagi pour trouver l’unification et celui qui est resté dans l’inertie qui voulait décréter l’unification.

Yé Ckayiri

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