( 7 février, 2014 )

QUEL REGARD ?

S. Pour tous les Amis de la ville D’Iconi , le temps presse pour estomper l’hémorragie dont notre ville est victime. Une espèce de guerre froide voit le jour dans la transparence totale et personne ne se sent concerné. Comme si, ça va de soi qu’après ce terrible conflit qui nous fait tous du mal, certaines personnes n’ont de recours que la prise d’armes lourdes pour détruire du mieux qu’ils peuvent notre unité.

A qui font-ils la guerre si ce n’est à notre propre ville. Oui, la guerre des actes qui est activée aujourd’hui à Iconi, soutenue et entretenue par des iconiens d’ici et d’ailleurs et tous milieux sociaux confondus n’émane que de la haine, de l’ignorance, de l’inconscience ,de la faiblesse bref d’absence de foi. Je ne critique pas qui que ce soit, je remarque et essais de faire remarquer le danger auquel malgré nous, certains de ceux qu’on croyait nos amis, frères et sœurs nous exposent par leur entreprise de « désespoir ». Ce n’est pas en se repliant sur soi-même que le combat pour la justice, la vérité, la paix va triompher. Vous qui êtes D’Iconi et qui êtes animés de « séparatisme », vous avez tort et faites très mal à votre famille qu’est Iconi unie.

Ressaisissez-vous et retrouvée votre conscience égarée dans le noir. Que Dieu vous pardonne des maux que vous vous infligez. Oui que Dieu vous pardonne et vous redonne la raison car Iconi ne saura jamais pardonner ceux qui voudront l’émietter plus qu’elle l’est déjà . C’est bien facile de détruire et la facilité est souvent attribuée aux faibles et de ces derniers je n’en connais pas D’Iconi,sauf ceux qui le prétendent . L. L. LOVE & PEACE. B. Bon vendredi ya baraka na Iconi ri yandzawo ha kweli à tous et que Dieu nous vienne en aide avec sa bénédiction!!!

Cheikh Abdullah

( 4 février, 2014 )

CE QUE JE PENSE DU CLIMAT ACTUEL D’IKONI

Peut-on parler d’une face cachée du vent qui souffle à Ikoni ? Un point de vue qui va plaire et déplaire sans doute. A chacun sa liberté, d’apprécier ou d’abhorrer. Il y a un an depuis que la rixe désarticulant la ville d’Ikoni s’est inscrite durablement dans la mémoire de l’histoire de notre pays. Un an c’est trop, un an c’est peu. Ca dépend du battement du cœur. Beaucoup de voix se sont levées comme beaucoup ont préféré garder le silence. C’est comme ça dans une société qui se dit civilisée, tout est permis ou presque. Peu, sont ceux qui ont pu résister au drame des nuits noires, plus précisément du 23/24 décembre 2012 et du 26 janvier 2013. Depuis ces dates, des alliances circonstancielles, des ruptures opportunes, des visages cachés mis à découvert, des masques déchirés naissent et meurent. Un désastre qui servait de leçon très importante chez les ikoniens d’aujourd’hui, surtout les bâtisseurs de la cité de demain. Un malheur qui a averti une population, un malheur à partir duquel résultera du bonheur. Même si pas mal de gens se servaient et se servent toujours de ce conflit, soit dans le but de se tailler un CV de bon médiateur, soit pour mettre en avant leurs intérêts personnels au détriment de ceux de la ville. Oui, ça arrive. Le conflit d’Ikoni était comme un jeu de rugby. Ceux qui se sont battus et tombés à quatre pattes par terre, ont fait profiter de la balle à ceux qui les regardent se casser la gueule. Sans doute le conflit d’Ikoni a bien servi à la classe politique comorienne dont certains se réjouissaient de l’apocalypse et ne cesse toujours d’en abuser. Et aucun de nous n’a osé le dénoncer Passons. Une dignité vendue. Le plus inquiétant, c’est l’hypocrisie, dans la gestion de ce conflit qui est loin, je dis bien loin d’être apaisé. Je je n’affirme pas qu’il ne sera jamais apaisé.

Je persiste et signe, le conflit est loin d’être apaisé.

Lorsqu’un peuple veut résoudre ses problèmes dans l’hypocrisie, lorsqu’un peuple veut résoudre ses problèmes sans les confronter au sérieux, sans adopter un langage de vérité, lorsqu’un peuple s’auto-satisfait d’une Paix factice, un simulacre, lorsqu’un peuple veut résoudre ses problèmes avec des états d’âme, et non une réelle volonté d’en venir a bout rien ne peut se concrétiser. Car, c’est se mentir soi même, se voiler la face. Donc un mirage. Nous, ikoniens sommes conscients des éléments nuisibles existant à Ikoni depuis le conflit et nous faisons semblant de les ignorer. Donc, personne n’a l’exclusivité du faux-semblant. Nous sommes tous impliqués. N’appelons pas la l’unité sans qu’on installe son lit.« Hayna utsaho dezo, ye hu trende ha tsaha ze nanga ».Espérons la paix et faisons des efforts. N’appelons pas l’unité sans qu’on s’assure qu’elle ne quittera plus jamais nos murs. On a besoin d’elle mais en vrai. Pas en imaginaire. N’appelons pas la Paix sans qu’on s’assure que la guerre est prête à prendre congé de nous. Sans que les hostilités cessent, sans que la bipolarité complexuelle arrête d’exister.

Et comment la guerre peut-elle s’en aller ?

Jamais une paix sans la vouloir. Mais il ne suffit pas de la vouloir pour l’avoir, il faut aussialler au charbon en osant affronter les causes profondes de cette guerre. Je n’ai pas dit faire la guerre, j’ai dit affronter la guerre. Oser parler des problèmes, confronter les obstacles mais non les contourner et là, la Paix s’invitera toute seule sans intermédiaire. Mais une Paix supposée n’est pas appropriée à une ville glorieuse, héroïne, malaimée et martyrisée comme la notre. Comme a dit François Mitterrand : « le nationalisme c’est la guerre »,mais, Dafine Mmidjindze a dit : « la monotonie c’est aussi un bouchon ».Alors l’absence de débat, favorise le repli, le repli favorise le vide et le vide fait peur à la nature, c’est ainsi que les cruels occupent l’espace de notre milieu. Nombreux sont les problèmes qui ont opposé les quartiers d’Ikoni mais la solution a été toujours sur la planche. Pourquoi cela ? Parce que la neutralité n’avait pas de place. Dire, que je n’ai pas de camp, c’est être nulle part et être partout à la fois. Et cela est un vrai venin contre la Paix. Aujourd’hui, la réalité se voile. Il y avait « wa mdrambwaniet le reste »,donc après conflit, on pouvait s’assoir pour palabrer. Aujourd’hui, le conflit oppose « Mrambwani, les deux quartiers restant, les dissidents des quartiers ainsi que la municipalité, donc 5 clans. Même si elle est de Bamabao, mais le problème actuel vient de cette institution. Pendant qu’elle était locale. Dans ces clans des responsables qui veulent à tout prix qu’on passe l’éponge sur cette situation pour se couvrir doivent être conscients de l’épais manteau qu’ils enveloppent notre cité.

Pour une Paix durable.

Que le mawlid soit fait par tous les ikoniens ou une partie, l’arrogance de la Paix est complètement figée. Ne soyons ni dupes ni hypocrites. Soyons conscients que la Paix boude notre ville. Soyons conscients que la Paix temporaire n’est qu’un château de sable. Soyons conscients que les « wazeyé de Ngazidja », n’avaient que constater à deux ébauches sans résolution. Rien que la valeur sans gout, ni odeur encaissée puis partir avec leurs « sandales ». Ikoniens, ne soyons pas lunatiques, ne prenons pas les générations futures pour des abrutis, ne leur construisons pas non plus des lendemains problématiques ni un château en Espagne. Pour une vraie Paix à Ikoni, cessons nos discours d’autosatisfaction, cessons d’être bon à l’agora et d’être nous même dans le noir. Cessons l’hypocrisie. Les vrais guerriers dans ce problème, on les a vus. Des jeunes qui se sont confrontés, violemment, calmement, sur les réseaux sociaux, signant leurs propos par leurs noms, blessant ou non et des moins jeunes aussi. Sinon, « ngama hanywa ya tsimba mhono ka shindi hu yfikiza ». Les jeunes qui s’étaient liés à des acteurs, et assisté à des réunions clandestines juste pour semer la haine, Ikoni est si petite. Nous nous sommes repérés, kwezi. Des éléments pareils, surtout artisans du futur ne devraient pas s’auto déclarer apôtre de la paix, sans un mea-culpa au su de tout le monde ou ne serait ceux qui les ont sur le viseur.

Quel Ikoni pour demain ?

Sans aujourd’hui, il n’y a pas de demain. Pas de peuple sans histoire et pas d’histoire sans mémoire. Parlons-en. Le problème d’Ikoni n’est uniquement pas de quartier. Et celui d’aujourd’hui vient d’une duplicité de complexes. Le problème d’Ikoni vient d’une vengeance contre un faux adversaire. Le vrai adversaire est abstrait. Alors sans commanditaires dénoncés, Ikoni ne sortira pas du cul-de-sac. Pourquoi lorsque 99,09%des bouches ikoniennes, inculpent Adamo Mohamed, Soilihi Hadji, Cheik Ahmed, Inoussa Ali Djaé, Dahalani Said Salim, Chawali Ali, Issmael Twaib, Chabane Abdallah Halifa, Mohamed Abdallah Halifa, Mohamed Athoumani, Issmaila Haboudou, ne se manifestent pas contre la décision de la justice ? Et l’ancien procureur de la République Ahmed Ousseine, disant que si procès a lieu, il y aura des têtes qui vont tomber, pourquoi on ne l’interpelle pas pour qu’il nous dise où sont ces têtes après procès ? Donc ne soyons pas hypocrites. Le Mawlid sera fait dans l’ensemble. Nous le voulons bien. Et après ? Pourquoion s’attaque à un faux problème comme si le problème d’Ikoni est né du mawlid ? Le mawlid ne doit pas être pris pour un alibi. Nous faisons la prière de vendredi ensemble, nous enterrons nos morts ensemble, nous prenons de taxis ensemble… même si difficilement mais la cohabitation est là. Arrêtons notre hypocrisie. Des pyromanes allument le feu avec la main droite et à la main gauche, un verre d’eau prétextant l’éteindre, juste un verre d’eau. Nous savons tous que ceux qui ont préparé cette apocalypse n’avaient aucune idée dela dimension qu’il a prise, donc parlons-en. Que les commanditaires soient rendus publics pour un mea-culpa, mais au moins qu’on sache qui a commandité quoi. Le mawlid sera fait dans l’ensemble, mais, cela ne va pas suffire, il faut qu’on œuvre pour une vraie paix. Et la vraie paix est conditionnée de réconciliation, et la réconciliation ne peut se faire sans honnêteté, punir les punissables, dresser un bilan… et mettre à table les idées pour savoir ceux qui divisent et ceux qui peuvent nous unir. La médiation de la notabilité n’a pas de vrai sens car, ils vivent moins nos douleurs.

Donc, ne nous mentons pas.

Mettons-nous autour d’une table, parlons des vrais problèmes, cherchons là où se trouve la différence pour que l’attirance mutuelle ait lieu. La virginité spirituelle dans ce conflit c’est maléfique. Et la fausse neutralité, c’est une contribution au chaos. Assez ! Pourquoi à Ikoni, on a peur de parler de notre problème avec clarté ? Pourquoi, n’adoptons pas l’habitude de nous dire les problèmes en face pourque ça change une fois pour toute ? Arrivera-t-il un jour où on peut porter critiques sans être pris pour un impertinent, pour un insolent, pour un arrogant, pour un diffamateur ? Arrivera-t-il un jour où nous, enfants d’Ikoni comprendrons là où se dirige le monde d’aujourd’hui pour que nous puissions participer au concours ? Nos ainés, ont fait, nos ainés ont défait. Je ne suis pas d’accord avec ceux qui disent que ces générations n’ont rien fait. Si, elles nous ont légué beaucoup. Les cours de soutien, les kilabu, les rencontres, les kermesses, quelques aménagements, le terrain de foot, de basket même si d’une autre part, elles ont failli à une plus grande partie de leurs missions. Donc, démêlons les bienfaits des méfaits, et voilà, adoptons une autre manière, prenons l’habitude d’accepter la critique pour pouvoir émettre des critiques sans pour autant prendre cela en insultes. Ikoni en a besoin…

SAID YASSINE Said Ahmed

( 1 février, 2014 )

DE MDJWAEZI-HAMBU A IKONI, AZIRI ILAMISIRU, FONDATEUR DE FUNI HA AZIRI

On remonte le cours de l’histoire. Un peu plus loin. Selon nos sages, c’est depuis Mdjwaezi, territoire du pays de Hambu, sous le règne d’un bedja issu de la famille Inya bamdro. Des hommes de ce bedja ont assassiné la sœur d’un des guerriers de ce pays, connu sous le nom d’Aziri Ilamisiru. Lui-même issu d’une famille des vizirs de Hambu. Aziri Ilamisiru d’une mère de Mdjwaezi et d’un père de Nkatsuni, village qui n’existe plus actuellement. Mais selon nos sages, Nkatsuni est l’ancien village de Mitsudje. Suite à l’assassinat de sa sœur, Aziri Ilamisiru promit de se venger contre le bedja, si ce dernier n’agit pas vis-à-vis à l’acte odieux des assaillants. Ce fut le cas. Le bedja n’eut pas agi. Aziri Ilamisiru quitta la cour de Mdjwaezi pour s’installer dans un lieu dit Yrovuni. Territoire qui se situe entre Mdjwaezi et Nkatsuni. Et sa présence dans cet emplacement effraya tous les habitants du pays de Hambu et personne n’osa y pénétrer. Vite, la nouvelle gagna tous les pays voisins, notamment le Bambao.

Par ailleurs, une femme de la ville d’Ikoni dans le pays de Bambao connue sous le nom de Mwa-Bedja, elle-même issue d’une famille royale, enfermée dans son arrogance, voulut se marier mais pas avec n’importe qui. Son préféré dut être un guerrier. Ce faisant après avoir appris cette nouvelle, elle partit à la conquête de cet homme. Elle se munit de quoi à manger, et se dirigea vers cet endroit redouté depuis la présence menaçante de Aziri Ilamisiru. Elle rejoignit l’homme qui terrorisait toute une région. Après un moment de tirade, ils se séduisirent. Puis Aziri Ilamisiru accepta de partir avec elle pour s’installer dans l’autre pays, le Bambao. Arrivé à Ikoni, au Sud-est de la ville, lieu où naquit Mwa-bedja, le couple s’installa. Après quelques années de mariage, ce duo mit au monde quatre enfants: Mlanao wa Aziri, Madi wa Aziri, Trambavu wa Aziri et Nyao wa Aziri. Cette dernière est la mère du Fe-uziwa, lui-même successeur de son oncle Mlanao au palais Kapviri-djewe, où siégèrent les rois de l’Inya matsa pirusa.

Malgré sa vieillesse, Aziri Ilamisiru ne voulut pas s’éloigner des activités villageoises qui se déroulèrent un peu plus loin de chez lui. C’est-à-dire « pvo shadju-matari ». Premier bangwe contemporain d’Ikoni, précédemment situé à Ypvingu-djuu. Mais contraint par l’âge, il se retira peu à peu du bangwe shadju situé au Nord-ouest de la ville. Ce fut ainsi qu’il céda aux ikoniens une partie de la cour, de sa résidence de Dahwa djini, pour une seconde place publique. Comme ça les manifestations vont se dérouler sous ses yeux. Cette place se trouve vers le Sud de sa résidence. Là, donc eut naissance le Bangwe Funi ha Aziri. La cour d’Aziri. N’est-il réservé dans cette place que les palabres uniquement. Les activités, les danses traditionnelles, comme le Sambi, le Mkizi-kongo… et autres. Les activités milanantsetiques s’y déroulent de même.

SAID YASSINE Said Ahmed

Ecrivain, traditionaliste

( 24 janvier, 2014 )

MA VISION POUR IKONI DE DEMAIN

Il y a un an jour pour jour Ikoni a vécu un cauchemar dans lequel il a été plongé. Donc un déchaînement d’une violence et d’une barbarie étrangère à nos mœurs et à nos traditions. Ikoni a failli sombrer dans la tourmente de la haine. La ville a vacillé et ses enfants déchirés à l’issue vainement de se dissimuler derrière notre héritage social qui nous a toujours garanti la paix et la solidarité. Grâce au courage et à la mobilisation des enfants ikoniens que la ville a survécu. Au cours des émeutes siennes, Ikoni a payé un lourd tribut: des dizaines de maisons brûlées, des voitures vandalisées, un monument historique saccagé plus d’une vingtaine des jeunes mis en taule, une salissure de l’image de notre cité sur la scène nationale. Durant un an, nous avons donné le meilleur de nous-mêmes pour que s’éteigne le brasier de la Fienta, pour que nous cessions enfin d’avoir peur de nous même. Avec l’aide de Dieu, auquel nous rendons grâce, Ikoni a ouvert la voie à une nouvelle aire: l’investiture du nouveau maire en la personne de Mariama Mze Mmadi, la pause de la première pierre du bâtiment devant abriter la Mairie, l’accueil du chef de l’Etat Ikililou à Ikoni et la visite de l’Ambassadeur de France à Ikoni, mais surtout la tenue du Maoulid dans l’unité de tous les Ikoniens… ont montré si besoin est que les ikoniens se sont tournés vers l’avenir. Tous les ikoniens et en particulier, les familles de toutes les victimes de cette barbarie ont fait preuve d’un haut niveau de noblesse et de tolérance en puisant dans leur foi le courage nécessaire pour se retenir d’un esprit de vengeance. Avec ce comportement, chacun affirmait ainsi son souci d’éviter à une autre famille ikonienne de connaître les mêmes souffrances et les mêmes pertes. Désormais, les Ikoniens doivent retrouver leur légitime aspiration à rebâtir leur Ville à accéder eux aussi au bien-être, et à garantir l’avenir des générations montantes.

C’est la vérité qui va primer

Cependant, la plaie de notre cité est loin d’être cicatrisée. Pas à cause des dégâts seulement, mais aussi la persistance du « fitna » qui pullule les quatre coins se la planète. A part, les familles victimes de cette barbarie, il y a celles dont les enfants sont en prison.  Leurs proches se sont retrouvés entraînés dans la spirale infernale de la haine et sont livrés eux aussi au dénuement. Tous ces paquets sont d’Ikoni. Et sont avec lesquels nous partageons la même peine. Voilà quelques-unes des raisons qui m’ont poussé à agir et à plaider, pour que nous ayons ensemble le courage d’avancer vers une réconciliation véritable, en tenant compte de la réalité de la situation. La réconciliation constitue un défi de haute élévation morale interpellant notre foi et notre amour envers nous même; il faut donc nous y préparer. Cette volonté n’est pas synonyme de l’oubli de nos souffrances, ni la négation de nos sacrifices. Toutefois, elle représente sous sa forme notre aspiration à la paix et notre cohésion garante de notre unité. Cette unité hors de laquelle notre avenir restera toujours compromis et exposé à des périls certains. Nous devons tirer les enseignements de l’immense tragédie que nous venons de vivre. Ikoni qui a toujours démontré sa solidarité avec les autres, et a toujours soutenu les causes nobles et justes dans son histoire mais restons réalistes, Ikoni a découvert dans l’épreuve cruelle qu’elle vient de vivre, qu’elle ne devait compter que sur elle-même et sur ses propres moyens. Dans sa très grande majorité, le pays a assisté sans réaction et souvent même sans compassion, au malheur de notre ville face à l’hydre de la haine. Ce silence s’est trop souvent paré hypocritement des vertus de la politique politicienne et des petits intérêts personnels. Des responsables allant même jusqu’à dire « laissons les s’exterminés. » Sans haine et sans rancœur, nous ne devons pas oublier cela, surtout lorsqu’il s’agit de consolider notre propre avenir.

Pensons aux générations futures

Soyons désormais convaincus que le devenir de notre ville dépend exclusivement de notre volonté et de notre engagement. En cela, l’exemple nous a été légué par nos ancêtres à travers leurs résistances, leurs défaites et leurs triomphes qui, tout au long de notre Histoire, ont forgé notre personnalité. Nous avons la possibilité de matérialiser cette volonté de paix et de réconciliation qu’il me semble percevoir comme un appel pressant de la majorité de la Ville, convaincue que sans consolidation définitive de la paix par la réconciliation, nulle démarche de développement économique et social, nul effort de modernisation de notre ville ne sauraient produire les résultats que nous attendons. Pour ça, il nous faut se dire la vérité en face, amener nos jeunes qui logent en prison à dire la vérité contre leur sortie qui sera plaidée par la ville aux autorités justicières. Aux commanditaires un isolement total à toutes les responsabilités de la ville qu’il soit politiques, traditionnelles ou sociales. Tout en témoignant ainsi de votre mansuétude et de votre générosité, vous aurez également l’occasion de dire que vous n’entendez pas oublier les tragiques conséquences de l’odieuse instrumentalisation de notre jeunesse par des calculateurs et des manipulateurs sans fois ni loi, ainsi que votre détermination à empêcher la répétition de cette dérive. Certains pourraient accueillir cette idée comme une provocation face à leur douleur encore vive. C’est un sentiment que je respecte mais qui invite aussi à des interrogations : Combien de victimes faudra-t-il encore, après les dégâts que nous avons déjà enregistrés, pour apaiser la douleur de ceux qui ont perdu leurs biens ? Quel tribut plus tragique devons-nous encore payer ensemble pour des aberrations personnelles qui ont démontré leurs sanglantes conséquences ? Quel futur voulons-nous offrir à nos jeunes générations qui ont ouvert les yeux dans la tourmente de la tragédie et qui sont déjà profondément traumatisées par la violence inouïe au milieu de laquelle elles ont vécu ?

Le mensonge ne peut vêtir que son détenteur

Des voix connues ne manqueront pas de s’élever pour tenter de s’opposer à cette idée de l’attente légitime, à notre désir profond de paix, à notre quête de réconciliation pour que Ikoni retrouve la force de son unité qui lui a permis de s’opposer à ses adversaires sans circonstances. Ces voix seront sans aucun doute les mêmes que celles qui, à l’intérieur et à l’extérieur, ont assisté hier silencieuses aux horribles actes de barbaries qui nous ont frappés dans la chaire et dans l’âme. Ce silence coupable hier les a disqualifiés de s’ériger aujourd’hui en censeurs de la volonté des habitants souverains, comme ils se sont retrouvés disqualifiés dans leurs vaines tentatives de se dresser contre les précédents événements qui ont redonné l’espoir aux ikoniens. Si la politique reste l’art du possible, la Réconciliation représente le seul compromis autorisé par les équilibres et qui ramènera la sérénité dans les esprits et dans les cœurs source vers les solutions définitives. Il est temps pour chacun d’élargir sa vision pour comprendre que si les plaies sont encore béantes chez beaucoup d’entre nous, la facture est lourde la banalisation des actes criminels. Cette violence, ce vandalisme, cette barbarie, sont la conséquence de l’épreuve de la haine orchestrée et planifiée par des gens sensés être l’espoir de la ville. C’est aujourd’hui la responsabilité de tout un chacun d’œuvrer au changement, pour la paix, pour la réconciliation. Pour cela, il faudra accepter de payer un tribut lourd mais inévitable à la paix et à la réconciliation. 

Toute contribution est indispensable

Il est temps de poursuivre ce qui a été entamé par le sang et la sueur de nos ancêtres les hamadis d’Ikoni et d’atteindre leur noble objectif en réalisant une paix globale et durable qui tournera à jamais, une page horriblement ensanglantée. Je suis convaincu que notre voix sera celle du droit, de la justice, et du bien et notre attitude ne sera qu’une caution louable à cette démarche que nous avons ensemble entamée et à travers laquelle nous recherchons le bien de cette ville et de sa population en restant profondément convaincus que la tolérance, l’indulgence et la fraternité sont des vertus prônées par l’Islam, de grandes qualités, un comportement civilisé et une voie incontournable pour mettre fin à un cycle infernal de violence, à une ère faite de mort, de destruction et de désolation. Oui, cela est un appel du cœur au cœur, débordant d’amour et de bonté, convaincu que l’Islam est paix, que la civilisation est quiétude et pour la coexistence, la solidarité et l’entraide. Oui, cela est un appel de la raison à la raison consciente et avisée, à la conscience éclairée et responsable, à l’esprit qui agit avec discernement et sagesse dans la voie de la réussite, du bonheur et de la quiétude. L’Ikoni avec laquelle vous avez rendez-vous aujourd’hui et demain est sûre d’elle et de ses capacités. Ikoni aspire à un avenir radieux qui se réalisera, grâce à Dieu, grâce à notre réconciliation et notre cohésion, grâce à nos efforts et nos sacrifices, grâce à notre fidélité et notre adhésion autour de notre Ville.

Puisse Dieu, Tout Puissant, préserver notre chère ville 

ASSOUMANI Maoulidi (Parabolik)

( 11 janvier, 2014 )

NAISSANCE DE LA CITE

On ne peut pas tout dire mais l’essentiel doit être relaté. Deux familles de même lignée venaient de kilwa-kisiwani et s’installèrent au Nord du cratère Djabal, plus précisément à Panga Ntsinii. Elles y fondèrent un village. Des années passent, leurs enfants se querellèrent. Et ces deux familles se séparèrent. L’une se dirigea vers Hamboda. Tandis que l’autre n’abandonna pas Panga ntsini. Des années passent, cet éloignement mécontenta les chefs de ces familles. Ils se cherchèrent mutuellement pour un accommodement. Depuis donc, la réconciliation n’eut pas tardé de naitre. Ce fut ainsi qu’ils reprirent leur vie normale et harmonieuse. Par la suite, ils quittèrent cet endroit et se dirigèrent vers Maluzini.  

SAID YASSINE Said Ahmed

( 10 janvier, 2014 )

UN MAOULID POUR TOUS

Une bataille est gagnee. Un maoulid pr tous. Les conclusions de l assises pr la paix a iconi sont connues. La reconciliation se fait en etape. La delegation de mtsambountsi et celle de mdjidjengo avaent un mm avis: discuiter de l’essort des victimes et les detenus avant de parler de maoulid. Les waganzidja et la delegation de harimoimdji etaient eux aussi d’un autre avis:commencer du maoulid pr arriver aux deux autres dossiers precedement evoques. Ces derniers ont eus raison au terme du debat. Le lendemain du maoulid s’annonce charger pr ces delegations pr la suite des pourparles. Prions ensemble que la paix gagne cette guerre. Pour votre information, les victimes de mramboini sont disposes d’echanger tout ce qui leur revient de droit pr la paix et la liberation des detenus, condition exigee par le parquet et les wangazidja pr esperer une paix durablet et la liberation des detenus. Des pactes sont signes et attendent que leus semblables du quartier harmoimdji fassent de mm.

Issmaila Mahamoudou (Mzé Soulé)

( 10 janvier, 2014 )

QUE LA PAIX REVIENNE A ICONI

Vers une réconciliation Hier soir, une délégation conduite par Algerie, Cheick Saandi, Inoussa Ali Djé et Mmadi Inoussa a envoyé un message de paix à la localité de Mtsambountsini. L’idée aurait émergée dans la localité de Harmoimdji. Les notables de Harmoimdji lassés de la situation qui reigne à Iconi et le jour du Maoulid qui se profile aurait demandé par le biais de cette délégation que le Maoulid se fasse comme avant; c’est à dire que les 3 quartiers soient impliqués.

Le quartier de Mtsambountsini prit cette nouvelle bras ouvert et à remercier la mission. Tenant compte de la situation, les notables n’ont pas chercher à savoir que ces derniers ne sont pas les portes-parole ni de juger leur position face à ce conflit. Seulement, ils ont proposé une chose: Que les notables de l’Ile de Ngazidja, ceux du Bambao et le Gouvernement soient informés de cette nouvelle perspective vers la paix. La délégation va rapporter cette thèse qui semble n’avoir aucun inconvénéant à l’issue favorable de ce dossier. On reviendra vers vous pour la suit dans les heures, jours à venir…

QUE LA PAIX REVIENNE A ICONI

Issmail Mahamoudou (Mzé Soulé)

( 7 janvier, 2014 )

IKONI ET SES ORIGINES

1379372476Une cité des héros et des héroïnes. Pleine de vivacité, de bravoure et d’hospitalité. Ikoni des griots, des poètes et des poétesses… Des pêcheurs qui vont à l’océan au moment où les autres s’y retirent à cause de la brise. Leur nom est « ma nohoa ». Nom idéal des pêcheurs d’Ikoni. Cette cité a donc fait une traversée mémorable, cité parmi les actrices de l’histoire de l’archipel des Comores. Le témoin principal de ce fait est le mont-Djabal. Si vieux et si robuste, ce mont a vu le jour en même temps que la cité. Cette falaise n’est qu’historique. Elle est sous laquelle, au nord, les Mapvasi de pangantsini et de Ntsimwinyini. Il y a ensuite le lac miraculeux de Dziwani-kunkubani. Pas loin de là où Ikoni a vu le jour.

Plusieurs quartiers furent nés à cette ère là. En l’occurrence, Panga-ntsini, Maluzini, Hamboda, Zikokoni, Mitsambuni, Zikubini, Mahawini, Dimamihungu …Limite de la cité, au Nord, Moroni. Au Sud, Mbashile et à l’Est, Mde et Vuvuni. Enfin à l’Ouest, c’est déjà évoqué, la mer. La cité d’Ikoni est composée de douze Inya dont deux ont disparu. L’histoire de cette cité est à la fois mythe et légende. Elle, nous est donc transmise par voie de tradition orale. Hormis les deux premières Inya découvrant les la cité, plusieurs peuplements y furent arrivés.

Des siècles synchroniques, Ikoni berce douze Inya : « Inya Djiva, Inya Mwa-hiko, Inya Fé-dezi, Inya Shimani, Inya Nkadza, Inya Rume, Inya Soha, Inya Djobwe-djanga, Inya Nkondrole, Inya Mmwaha, Inya banda et Inya mpanga. Mais ce qu’on doit savoir, deux de ces Inya dont le mot disparition est évoqué au départ, sont Inya soha et Inya Mpanga. Toutefois, dans la cité de Mkazi, on trouve quelques descendants de l’Inya Panga connus aujourd’hui sous le nom de wa kandzilé, depuis Ikoni transitant à Samani pour Mkazi. Pourquoi, la cité d’Ikoni est jalonnée au Nord du territoire. N’est-ce pas les devins de l’époque qui conseillèrent les quelques têtes d’Inya djiva, Inya sans repère dans l’histoire, de s’approcher aux djinns de dziwani-kunkubani ? N’est-ce pas dans le but qu’ils s’avoisiner des habitants de l’autre cité au nord, c’est-à-dire Mdroni dont parmi les premiers occupants sont originaires de Mazwini ?

Certains composants des moments occultes d’Ikoni viennent d’ailleurs. Une histoire tournante, multiple et riche. A ikoni, on parle d’une variété de son peuplement, alors différentes origines. Plusieurs vents de peuplade, soufflaient depuis que cette cité est citée. Après Inya-djiva, premiers défricheurs de la ville originaires de Kilwa-kisiwani, ils furent les bienvenus, les propriétaires de hutuba de vendredi aux heures contemporaines Inya-mwahiko. Cet instrument appartenait au départ à la famille Inya nkandza, elle-même en deux catégories, dont les venants de Funga dans la Mitsamihuli et les venants d’Iduku-djuu Ntsaweni. L’attribution de hutuba à Inya mwahiko par l’érudit, Mzimba-djondo, montre déjà l’hospitalité et l’esprit de partage des habitants d’Ikoni, cité avenante.

On ne peut pas tous dire mais l’essentiel doit être relaté. Deux familles venaient de Kilwa-kisiwani s’installèrent à Maluzini, au Nord du cratère Djabal. Elles y fondèrent un village. Des années passent, leurs enfants se querellèrent. Et ces deux familles se séparèrent. L’une se dirigea vers Hamboda. Tandis que l’autre n’abandonne pas Maluzini. Des années après, cet éloignement démangeait les chefs des familles. Donc une réconciliation a été entreprise et ces deux familles reprirent la cohabitation normale et harmonieuse. Par la suite, ils ont quitté cet endroit et se dirigeaient vers Zikokoni pas loin de Maluzini…

SAID YASSIE Said Ahmed 

Ecrivain, traditionaliste

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